‹ Hippolyte FlandrinChapitre 128 sur 211 · janvier · texte numérisé non relu

janvier

« Notre ville, venant de Nhnes, m’a paru superbe le soir avec ses longs quais et ses multitudes de lumières : mais le lendemain, en la comparant à la tranquillité de Nîmes, je l'ai trouvée bien agitée et remplie de gens à sombre physionomie, qui semblaient vouloir me dévorer à couse de mon malheureux ruban rouge. Les affiches des différents comités électoraux, les appels de toutes sortes, les diffamations, les calomnies couvrent les murailles ; enfin l’ardeur est extrême, mais surtout de la part des socialistes, qui travaillent l’armée à un tel point qu’on a été obligé de changer l’énorme garnison de Lyon. Par quel guignon a-t-il fallu que cette déplorable affaire de Rome vienne tomber au milieu de tout cela et remettre tout en question ? Hélas ! où est la paix maintenant ? J’avoue qu’en considérant tout cela, les hommes me font horreur et pitié à la fois1. »

Hippolyte Flandrin aurait voulu voir tous les hommes d’ordre s’unir et former un faisceau contre les révolutionnaires. Au parti des ennemis de la société, il aurait voulu opposer le parti de tous les honnêtes gens. Mais cette alliance, qui lui paraissait si simple, ne se réalisait guère dans la pratique. Aussi les résultats de la bataille étaient-ils tout à l’avantage des socialistes, qui observaient une extraordinaire discipline.

Tout d’abord on ne connut que les succès de ces derniers, qui produisirent « une sorte de terreur2 ».

« Je n’ai que de tristes nouvelles à te donner d’ici, écrivait-il à son frère Paul. Les élections sont rouges à une immense majorité... Aussi il faut voir la cons-

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