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H. FLANDRIN ET LES ÉVÉNEMENTS DE l8^8

ternation de leurs adversaires, qui, hélas, méritent bien un peu leur sort par leur sotte confiance avant la lutte, leur manqué de conduite et d’ensemble dans les opérations et enfin la terreur qu’ils affichent1. » « Hier soir, sur la place de l’ Hôtel-de-Ville, j’ai été témoin de la proclamation des élus du département : c’est la liste rouge complète. J’ai admiré comment ces hommes savent discipliner le peuple : ils lui ont ordonné le calme, et à la proclamation de leurs députés ils n’ont fait que crier Bravo ! et Vive la Ligne ! « sachant bien que les modérés ne demandent qu’un prétexte pour les mitrailler en masse », c’est ce que leurs journaux évangéliques leur répètent tous les matins2. »

Quelques semaines plus tard, après une élection, il écrivait dans le même sens, mais avec plus de précision dans la récrimination : « Ce sont encore les rouges qui l’emportent, car ceux-là savent obéir à un mot d’ordre, tandis que les modérés ont vu leurs efforts paralysés par l’entêtement des légitimistes, qui ont tenu à présenter un candidat à part, sous prétexte de se compter. Que Dieu leur pardonne ! mais tout le monde ne leur pardonne pas 3. » Flandrin était à Lyon, quand éclata la sanglante émeute du 15 juin 1849. La grande cité lyonnaise a été trop souvent le théâtre de semblables fureurs. L’artiste, qui, lors de l’insurrection de 1831, ne s’était pas défendu d’une sympathie pleine de pitié pour les ouvriers opprimés et trompés 4, se montra

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