‹ Hippolyte FlandrinChapitre 13 sur 211 · Lettre à sa mère, 5 avril · texte numérisé non relu

Lettre à sa mère, 5 avril

l’atelier d’ingres

L’atelier d’Ingres était installé dans une salle assez petite et surtout assez sombre qui donnait sur la cour de l’Institut. Bien que les élèves qui le fréquentaient eussent beaucoup plus de tenue que leurs camarades des autres écoles et qu'on les traitât pour cela de jeunes filles cependant batelier était très gai et très vivant. On y travaillait sans doute, mais sans préjudice des causeries plus ou moins folles, des chansons et des quolibets. Le romantisme battait son plein : malgré les tendances classiques du maître, la plupart des élèves étaient enthousiastes de Victor Hugo et l’atelier retentissait souvent des principales tirades d 'Hernani, débitées avec emphase, sur le ton des acteurs du jour. Les beaux parleurs ne manquaient pas et I on entendait les paradoxes les plus énormes, les dénigrements les plus injustes, les discussions les plus passionnées.

1. Nous renv.oyons les lecteurs au charmant livre d’Amaury Duval, l'Atelier d'Ingres.

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