Comme à Nîmes. Yoy. chapitre IX, p
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majestueux avec leurs longues barbes et la beauté un peu inculte qui convient aux rudes pécheurs de Galilée. En dehors des clés de saint Pierre et de l'épée de saint Paul, peu de signes extérieurs permettent de les distinguer. Mais une figure tranche sur toutes les autres par sa jeunesse et par sa grâce, c’est celle de saint Jean, le disciple bien-aimé, qui a déjà si heureusement inspiré le pinceau de Flandrin. Sur son épaule, on voit la main de son frère Jacques le Majeur : les deux frères s’en vont ainsi appuyés l’un sur l’autre, souvenir discret de l'amitié qui unissait Hippolyte et Paul. Flandrin peignait avec toute son àme et faisait entrer dans son œuvre, avec les ressources de son talent, les préoccupations et les souvenirs de son cœur. Ce saint Pierre aux traits si personnels est un portrait très ressemblant du peintre Alexandre Desgofle, ami de l’artiste.
Le second chœur, celui des martyrs, offre plus de variété. Un jeune homme, dont la grâce pure fait penser à saint Jean, ouvre la marche, l’encensoir du diacre à la main. G’est saint Étienne, le premier martyr, tenant encore les pierres dont il fut lapidé. Son visage est illuminé, comme au moment de sa mort, quand il s’écriait : « Je vois les cieux ouverts. » Derrière lui un groupe de pontifes vénérables, saint Denis, saint Polycarpe, saint Pothin, etc. ; celui-ci le front dénudé, le dos courbé, le bras appuyé sur un bâton : à côté de cette ruine du temps apparaît, tout petit, le jeune saint Cyr martyrisé dès Page le plus tendre : les bourreaux n’ont épargné ni la vieillesse ni Penfance. Puis un groupe de guerriers, saint Georges, saint Longin, saint Exupère, saint Maurice, saint Victor, saint Sébastien, dont l’appareil martial rompt heureusement la ligne. Saint
Georges a la beauté d’un Achille chrétien, mais au lieu d’épée, sa main tient une palme et la croix orne son bouclier. Enfin un géant, saint Christophe, se courbe écrasé, suivant la légende, sous le poids de l'enfant Jésus, et la silhouette du colosse agenouillé termine d’une manière pittoresque le chœur des martyrs.
Vient ensuite le chœur des docteurs, puis celui des saints évêques, saint Martin, saint Rémy, saint Éloi, saint Nicolas, saint Charles Borromée, saint François de Sales, derrière lesquels marchent deux chœurs de confesseurs, où nous voyons rapprochés, non sans intention, les grands et les petits, rois, voire même empereurs et pauvres gens, moines et laïques.
En face de cette procession de saints, se déploie celle des saintes. De ce côté, Flandrin, moins soutenu par les cadres des classifications hagiographiques, se trouvait dans l’heureuse nécessité de suivre plus souvent son inspiration personnelle.
En tête s’avancent, dans un frémissement de palmes, dans une harmonie délicieuse de tons doux et purs, les Vierges martyres. Le souvenir de leurs cruels supplices les accompagne, rappelé par les attributs consacrés ; mais leur physionomie sereine respire la paix du ciel. Voici sainte Agnès, sainte Agathe, sainte Cécile promenant ses doigts sur un orgue léger, sainte Blandine, l’humble esclave de Lyon, etc. Rarement Flandrin a été mieux inspiré que par cette phalange héroïque et charmante.
Aprèsles Vierges martyres apparaissent les Vierges qui n’ont pas versé leur sang pour la foi, mais qui ont immolé à la croix leur jeunesse et leur vie, des religieuses comme sainte Claire ou sainte Thérèse,
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