‹ Hippolyte FlandrinChapitre 15 sur 211 · Ingres , par Delaborde, p · texte numérisé non relu

Ingres , par Delaborde, p

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suite du mieux, il lui adresse cette parole : « On n’arrive dans l’art à un résultat honorable qu’en pleurant. Qui ne souffre pas, ne croit pas1. »

Sans doute cet enseignement, d’une forme si originale, avait quelque chose d’exclusif et d’impérieux. Hippolyte Flandrin, qui sortait des mains d’autres maîtres, en avait été tout d’abord surpris et déconcerté. Il a avoué plus tard cette crise dans une lettre inédite à son frère Auguste.

« Les six premiers mois que j’ai passés à Paris, j’étais horriblement malheureux ; puis une lueur, quelque chose que je compris, me rendit un peu d’espoir, pour retomber encore, et puis pour me relever ; car on ne marche que par bonds... J’ai bien souffert et pourtant j’ai persévéré 2. »

Peu à peu, la prédication vibrante du maître l’avait conquis. La lumière s’était faite victorieuse dans son esprit. Dans son ardeur de néophyte, il aurait pu s'écrier :

« Je vois, je sais, je crois, je suis désabusé! » et il n’avait plus qu’un désir, celui de faire honneur à son école par ses progrès et ses succès.

D’ailleurs au prestige que l’artiste avait pris à ses yeux, vinrent bientôt s'ajouter dans son âme de profonds sentiments de reconnaissance et d’affection pour la personne d’Ingres, qui, toujours simple et bon avec ses élèves, montra de bonne heure une tendre sympathie pour Hippolyte. « J'aime tant ce grand homme, écrivait le jeune lyonnais à son père, que je ne sais en quels termes en parler. Je voudrais faire partager mon admiration à tout le monde et

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