‹ Hippolyte FlandrinChapitre 16 sur 211 · Rome, 12 mars · texte numérisé non relu

Rome, 12 mars

l’atelier d’ingres

pour cela il n’y aurait qu’à le faire connaître. Sans sa défense expresse, je rendrais publics les bienfaits dont nous lui sommes redevables, car la reconnaissance pour nous n’est point un fardeau ; seulement elle nous fera faire de grands efforts pour nous rendre de dignes élèves d’un si grand maître1. »

Dès le mois d’octobre 1829, Hippolyte Flandrin avait été reçu au concours d’admission à l’Académie royale, avec le rang de neuvième, sur quatre cents concurrents. Le titre d’élève de l’Académie donnait seul le droit de prendre part aux concours et aux récompenses.

On comprend que, dans cette arène où venaient se mesurer les élèves des différents ateliers, les luttes fussent excessivement vives et que souvent l'attribution des récompenses donnât lieu à des récriminations passionnées. Un jour, c’était après un concours de composition historique, Ingres fit venir tous ceux de ses élèves qui avaient pris part à l’épreuve, et, après avoir donné à tous de bonnes paroles, il s’écria en montrant Hippolyte : « Voilà celui qui méritait la médaille ! Mais on a fait une injustice horrible. Vous avez eu sept voix pour vous, l’autre onze. Ah ! ça m’a fait bien de la peine : j’en ai été malade ; car en vous maltraitant, on maltraitait mes enfants 2. »

Pour un élève comme Hippolyte Flandrin, une pareille protestation valait la médaille et au-delà. « Je lui ai dit ce que je pensais, que je préférais bien son approbation à la médaille. » — « C’est vrai ajoutait-il naïvement, et cependant c’était une médaille de première classe ! »

Page 1