‹ Hippolyte FlandrinChapitre 151 sur 211 · Lettre du 1er juillet · texte numérisé non relu

Lettre du 1er juillet

2. « Nous avons essayé, avec mille peines, de le faire passer par l’escalier, mais impossible ; arrivé au second, il ne pouvait plus monter, ni descendre. Alors nous l avons attaché avec des cordes, fait passer par la fenêtre, etChancel, Chavassieux, les deux hommes et moi, l’avons hissé sur le toit, puis fait redescendre par la trappe, où il a passé tout juste. Enfin il y est et fait bien. » (1er novembre 1844). Sur la question de prix nous trouvons encore ces lignes assez intéressantes: « M. Varcollier me demandait, de la part de M. Chaix, le prix du portrait : j’ai répondu à M. Varcollier que je n’avais jamais fait de prix, que cela me contrarierait beaucoup et que je le laissais libre de

LES PORTRAITS

Dupont. En attendant j’y travaille toujours et fais de mon mieux. »

Le portrait de M. Chaix d’Est-Ange, exposé au Salon de 1845 avec celui de M. Varcollier et celui « d’une jeune et très jolie dame 1 », obtenait un vif succès.

L’année suivante, Flandrin était représenté au Salon par quatre portraits 2 et on lui en demandait d’autres qu’il était obligé de refuser, faute de temps '"*. En 1847 il écrivait : « En fait de commandes, je suis presque trop heureux, et, bien que j’en rejette une partie, je suis encore accablé. Que n’ai-je dix bras 4 ! »

C’étaient surtout ses portraits de femmes qui valaient à Flandrin cette réputation croissante. Il excellait à fixer sur la toile les physionomies douces et rêveuses, les traits délicats où se reflètent les âmes tendres et pures, l’alliance délicieuse de la beauté et de la pudeur. Il caressait ces charmantes images d’un pinceau respectueux, qui dans son admiration de la nature conservait quelque chose de religieux. Rien de profane dans ces exquises interprétations de la grâce féminine. « On sentait, suivant le mot de Beulé, qu’il avait peint les jeunes filles pour leurs mères et les mères pour leurs fils et tous les fils l’en ont récompensé en le surnommant le peintre clés honnêtes femmes 5. »

faire comme il l’entendrait. Cependant, je l’autorisai à dire à M. Chaix que le portrait à mi-corps de MUe Delessert avait été payé mille écus, que d’ailleurs il pouvait s’informer de ce qui se fait pour les peintres un peu considérés. »>

1. Lettre du 2 mars 1845. 11 s’agit du portrait de Mme Féburier.

2. Entre autres ceux de M,ne Régnault, mère d'Henri Régnault, de Mme la comtese de Verdun et de Mme Ilippolyte Flandrin.

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