‹ Hippolyte FlandrinChapitre 153 sur 211 · Moràleur du 11 juillet · texte numérisé non relu

Moràleur du 11 juillet

LES PORTRAITS

et il ajoutait : « M. Flandrin a trop (le goût pour intervertir à ce point l’ordre de la nature. Il sait que, lorsqu’on rencontre une jolie femme, on s’aperçoit de sa beauté, avant de remarquer sa toilette ; on rend hommage aux dieux qui l’ont faite, avant de célébrer la couturière qui l'a habillée. »

Cependant le nombre des admirateurs de Flandrin allait croissant et à la fin de sa carrière l’artiste connut des succès retentissants, ce furent par exemple ceux que lui valurent les portraits de Mmc Legentil en 1857 et de Mlie Maison deux ans plus tard.

« L’ouvrage le plus parfait du Salon de 1857 est un portrait de femme par M. IL Flandrin », écrivait Edmond About en tête de son article *, et dans six colonnes d’un feuilleton qui en comptait dix, il analysait les mérites de cette œuvre avec la verve spirituelle et gamine qui le distinguait. Mmc Legentil est représentée en élégante toilette, les épaules décolletées. De riches dentelles, se croisant sur la poitrine, font transition entre les tons éclatants des chairs et le noir sévère de la robe. Dans une pose naturelle et charmante, les mains s’entrelacent légèrement et les bras dessinent une courbe d’un galbe parfait. Le visage, d’une vivacité bien moderne et française, nous regarde avec douceur et quiétude. Dans cet épanouissement de jeunesse et de grâce, on sent comme le reflet du bonheur et le rayonnement d’une belle âme.

Le portrait de Mlle Maison 2 est celui que le public, à la suite de Théophile Gautier, appela : la Jeune fille à V œillet,

« Elle est vctue d’une robe de soie changeante, gorge de pigeon, qui se ferme à la base du col. Ses

Page 1