‹ Hippolyte FlandrinChapitre 156 sur 211 · PORTRAIT DE L’EMPEREUR NAPOLÉON III · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE L’EMPEREUR NAPOLÉON III

(Musée de Versailles).

LES PORTRAITS

drin. Jamais l'artiste ne s’est élevé à cette hauteur. Il a trouvé le moyen, ce qui semblait difficile, de se surpasser lui-même. »

« L’Empereur, en costume de général, est debout dans son cabinet, près d’une table à laquelle une de ses mains s’appuie, tandis que l’autre joue négligemment avec la garde de l’épée... »

« La tête est d’une ressemblance à la fois intime et historique, c’est l’homme et le souverain. Des luisants satinés modèlent le front et semblent y fixer la pensée avec la lumière. Les yeux, profonds et rêveurs, regardent de ce regard qui va au delà des choses et parait distinguer les formes de l’avenir, invisibles pour tous L . . »

Oh ! ce regard, « ce regard qui va au delà des choses, » c’est le point essentiel de ce portrait, comme c’était le trait distinctif de la physionomie de Napoléon 111. Tout le monde remarqua cette expression rêvemse, les uns pour la louer, les autres pour la critiquer. Dans l’entourage de l’empereur on en était peu content et Napoléon 1 1 1 demanda lui-même à Flandrin pourquoi il lui avait prêté ce regard : « Sire, répondit l’artiste, j’ai voulu vous représenter lisant dans l’avenir. »

« 11 y a là mieux qu’une ressemblance physique, écrivait Olivier Merson1 2 3, et le peintre, tout en poursuivant la représentation de l’extérieur de son modèle, a cherché et trouvé sa ressemblance morale; il a répandu sur son visage et dans sa pose l’expression de son caractère, le reflet des habitudes de son esprit »

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