‹ Hippolyte FlandrinChapitre 17 sur 211 · avril · texte numérisé non relu

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Ce ne fut pas la seule fois qu’Hippolyte Flandrin dut se contenter d’une récompense toute platonique.

Le concours du prix de Rome comporte trois épreuves successives, une esquisse, une académie, un tableau. Après la première épreuve, on choisit parmi les concurrents vingt élèves, qui subissent la seconde. Dix seulement sont admis à la troisième, ce sont ces dix élus qu’on appelle les logistes , parce qu’ils travaillent dans des petites salles fermées, nommées loges.

Hippolyte Flandrin, qui, s’étant présenté au concours en 1830, avait été classé onzième, semblait avoir les chances les plus sérieuses pour 1831. 11 venait d’obtenir un succès du meilleur augure. Dans un concours de composition historique, le jury s’était trouvé unanime sur son nom. Gros lui-même, l’adversaire si redouté des Ingres , n’avait pas fait d’objection 1 .

11 n’en fut pas de même pour le jugement de la deuxième épreuve en vue du prix de Rome. Six membres de l’Institut, parmi lesquels Guérin et Granet, voulaient que sa figure fût classée la première. « Mais non ! M. Gros et sa bande l’ont emporté. J’ai été ballotté du premier numéro au dernier2. »

Quand le malheureux artiste apprit cet échec, sans en connaître les circonstances, il n’osait plus se présenter chez son maître. « Cependant je ne me reprochais rien. Ma figure est de beaucoup la meilleure, je peux le dire sans orgueil. Enfin le soir, je me décidai à y aller. Je le trouvai à table mais il ne man-

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