octobre
H1PP0LYTE FLANDRIN
A ces conseils s’en joint un autre, qui au premier abord en semble éloigné, mais qui, au fond, se rattache étroitement aux précédents, celui de travailler avec méthode en vue d'un but précis.
« Peu, mais bon. Ne fais pas trop petit et rassemble toutes tes forces. Ne travaille que sur des choses qui comptent1. » — « Travaille, mais surtout choisis bien, afin que tu nous rapportes, non des études, mais des tableaux faits ou à faire 2. »
Ces conseils épars dans les lettres de Flandrin n’embrassent pas toute l'étendue du genre du paysage. On a beau les réunir, on n’y trouve pas une théorie complète de cette branche de l’art. Mais ils constituent un ensemble de vues aussi larges qu’élevées, aussi fécondes que sages. Si Flandrin s’enferme avec son frère dans l'école classique, il tend à en renouveler le programme par cette étude des grands eflets, des vents, de la lumière qu’il préconise avec tant d’insistance. Ne recommande-t-il pas à son frère une sorte d’ impressionnisme discret et de bon aloi, lorsqu’il l’engage « à se laisser aller, à se livrer à son impression, à peindre plus comme il sent que comme il voit ? » Pour atteindre ce but, il donne des indications très précises : ne pas s’attarder à des études trop patientes, se contenter souvent de simples esquisses, qui d’ailleurs 11e dispensent pas d’un dessin très ferme, travailler en vue de résultats déterminés. Et toutes ces recommandations prennent encore plus de valeur par la forme qu’elles revêtent, celle d’un encouragement viril, adouci par l’estime et l’affection, sur un ton tempéré par la bonhomie.