PORTRAIT DE M ' MAISON
^La Jeune fille à l'œillet, 1858).
HIPPOLYTE FLANDRIN MEMBRE DE L’iNSTITUT
Le 13 août 1853 4, comme H. Flandrin venait d’achever la décoration de la nef de Saint-Vincent-de- Paul, l'Académie des Beaux-Arts le reçut parmi ses membres2. Il avait quarante-quatre ans3. Il rejoi-
1. Pressé par son maître et par ses amis, Flandrin avait posé sa candidature dès 1840. Ses titres principaux étaient alors ses peintures dans le chœur de Saint-Germain-des-Prés et à Saint-Paul de Nîmes. Léon Cogniet et Robert Fleury en 1845, Alaux en 1851 entrèrent avant lui.
2. Il fut élu au premier tour, en remplacement de Blondel. Voici, à titre de curiosité, comment se répartirent les 33 suffrages exprimés :
Flandrin 18 suffrages.
Signol 3 —
Delacroix ... ; 5 —
Hesse 1 —
Vinchon 4 —
Delorme 2 —
33 suffrages.
3. Nous parlons ailleurs de la manifestation de sympathie organisée à cette occasion par les artistes lyonnais. Voir le chap. VI, p. 126.
ornait à l'Institut son ami Ambroise Thomas, avec
lequel, vingt ans auparavant, il s’était plu à faire des rêves d’avenir, rêves heureux, qui devaient être réalisés. Très sensible à l’honneur qu’il recevait, le nouvel académicien y trouvait mieux qu’une satisfaction personnelle, il y voyait surtout une victoire pour les principes qu’il représentait en fait d’art, pour cette École d’Ingres, qui lui était si chère.
L’honneur d’appartenir à l’Institut entraîne avec lui certaines charges. En 1853, l’Ecole des Beaux- Arts était placée entièrement sous la tutelle de l'Institut. Les professeurs se recrutaient eux-mêmes, le plus souvent parmi les membres de la Compagnie. L’administration de l’École, au lieu d’être confiée à un directeur, nommé par le ministre, était aux mains d’un conseil de cinq membres, librement élus par les professeurs l.
Enfin c’étaient alors les membres de l’Institut qui étaient chargés de prononcer sur l'admission et les récompenses des œuvres présentées aux Salons.
Flandrin se trouva donc investi à la fois des fonctions de professeur à l’École des Beaux-Arts et de celles de membre du jury.
Nous avons vu plus haut les succès de Flandrin comme professeur2.
La responsabilité du juge était une torture pour lui. Un combat se livrait entre sa bienveillance naturelle et sa conscience scrupuleuse. Aussi sacrifiait-il
1. Le jugement des concours pour le prix de Rome était rendu, comme aujourd’hui, par l’Académie des Beaux-Arts, et comme aujourd’hui, l’Académie était encore appelée à exercer un patronage intellectuel sur les études des jeunes artistes, pensionnaires de l’Académie de France à Rome, par la critique des œuvres qu’ils sont tenus d’envoyer chaque année.