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SECOND VOYAGE EN ITALIE

tismes, une fièvre accompagnée de délire, des vertiges persistants r avertirent que le repos était devenu indispensable. Mais comment en trouver les conditions à Paris ? Il pensa que Rome seule pourrait lui donner le soulagement nécessaire et retremper ses forces si compromises. N’était-ce pas dans cette ville qu’il avaitvécu heureux pendant près de six ans ? Au contact de tout ce qui avait nourri, fortifié son àme d’artiste, fécondé son travail au milieu de tant de calme et de sérénité, sur cette terre sacrée dont il avait jadis si profondément senti l’influence bienfaisante, que ne pouvait-il espérer ? Depuis longtemps d’ailleurs, en famille, il était question de ce voyage1. Flandrin céda à battrait de tant de beaux souvenirs et partit pour Rome, accompagné de sa femme et de ses enfants2.

Aussitôt en route, il jouit en vrai artiste du « tableau changeant » qui se déroule à ses yeux. Mais au fur et à mesure qu’il revoit ces lieux traversés par lui autrefois dans des circonstances si différentes, une émotion mélancolique s’empare de lui. « Nous partons à onze heures sonnant : le temps est triste, le

1. Dans une lettre à Lacuria, du 29 juin 1862, nous lisons : « Figurez-vous que nous voudrions, si les santés le permettent, faire une pointe sur Rome, après laquelle je soupire depuis vingt-quatre ans, et qui, à ce qu’il me semble, me ferait moralement beaucoup de bien. J’en ai Iparlé imprudemment devant les enfants, et Auguste surtout s’en fait une fête, et, si quelque chose nous force à remettre à une autre année, il y aura certainement du chagrin. Pour ma part, je sens que j’ai déjà trop attendu, et que si j’avais pu me donner ce bonheur il y a quelques années, il eût sans doute ajouté quelque force de plus à mes travaux de Saint-Germain-des-Prés. » Au mois de septembre de l’année 1862, l’artiste s’accorda seulement dix-huit jours, qu’il consacra à une petite tournée en Belgique.

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