‹ Hippolyte FlandrinChapitre 182 sur 211 · Charcutiers · texte numérisé non relu

Charcutiers

IIIPPOLYTE FLANDRIN

tère de fierté et de. magnificence remarquable. C’est bien Gênes la Superbe 1 2 ! »

De Gênes, Flandrin gagne Pise en voiturin. Le voilà dans cette chère Toscane, dont il a conservé un souvenir si ému et dont les vieux maîtres par leur naïveté et leur sincérité ont depuis longtemps conquis son cœur. « Le Campo santo, qui était resté dans ma mémoire comme une des choses qui m’ont le plus frappé, m’a rendu mes impressions d’autrefois. La simplicité de l’architecture, où l’austérité s’allie à l’élégance, m a touché au moins autant que dans ma jeunesse. C’est avec une vraie émotion que je suis entré, et que portant mes regards sur ces murailles vénérables, j’ai reconnu l’effort et les ravages du temps. Bien des choses, hélas! ont achevé de mourir, et les autres pâlissent sensiblement. Et cependant quelles leçons peuvent encore donner ces ruines ! Les grandes scènes peintes par Orcagna sont traitées avec une force et un pathétique vraiment à la hauteur des sujets. La vie de San Ranieri a beaucoup souffert. L’immense travail de Benozzo Gozzoli a pâli, mais il reste encore certains sujets assez complets, certains groupes de portraits d’hommes, dignes de Masaccio et que je voudrais voir recueillir »

Après une pointe sur Lucques, où il admire entre autres « deux merveilleux tableaux de fra Bartolomeo», Flandrin passe à Sienne, cette ville qu’il aimait, « où semblaient se continuer et vivre encore les treizième et quatorzième siècles ». 11 revoit dans le Palais Public les fresques des vieux maîtres de

Page 1