Journal de voyage
H1PPOLYTE FLANDRIN
« Avec quel attendrissement, des hauteurs de Baccano, j’ai aperçu et salué le dôme de Saint-Pierre, dominant les immenses solitudes de la campagne de Rome! Nous avons arrêté la voiture et sommes tous descendus, pour mieux témoigner de notre respect et de notre admiration; puis, en approchant, la Storta , le tombeau de Néron, Ponte Molle , et enfin la Porte du Peuple m’ont fait tressaillir plus vivement encore et plus d’une fois les larmes se sont fait jour1... »
Dès le soir de son arrivée, le voyageur, cédant à une attraction irrésistible, se dirige vers l’Académie de France, où cependant il ne voudrait pas se faire reconnaître trop tôt, il se tient donc discrètement à l’écart dans la nuit. « Le Pincio est sombre et désert, et avec précaution... nous nous approchons de l’Académie. C’est bien cette chère maison où j’ai — et je peux dire où nous 2 avons — été si heureux. Cachés sous les chênes verts, près delà petite vasque, (où je trempe mes doigts comme dans un bénitier,) nous considérons sa façade, ses fenêtres, dont plusieurs sont éclairées 3... Nous n’osons approcher, parce qu’un groupe de pensionnaires est à la porte, causant et riant et que nous voudrions être casés avant d’être reconnus. »
Les jours suivants, malgré le soin de son instal-