Journal de voyage, 16 novembre
un grand plaisir, mais je suis touché surtout d’une collection de tableaux des Giotto, des Gaddi, des Memmi et autres peintres de ces Ecoles, rassemblés par Grégoire XVI. L’expression des sentiments forts et vrais est ici portée au sublime L »
Parmi les peintres qui sont venus après Raphaël, il en est un pour lequel Flandrin professe une admiration toute particulière, c’est le Dominiquin2. Il signale avec émotion ses visites aux principales œuvres de ce maître, et il conclut : « A Rome, l’œuvre du Dominiquin est immense et je voudrais me rappeler toujours ce Martyre de saint André, les pendentifs de sant1 Andrea delta Valle, les quatre lunettes qui sont sous le charmant portique de sanï Onofrio et, au Palais Farnèse, huit ou dix fresques ou détrempes représentant des sujets de la fable, ouvrages pleins de naïveté, de tendresse et de force, surtout dans les paysages. Quand il emploie ces procédés de peinture, le Dominiquin se montre bien supérieur à ce qu'il est dans ses tableaux à l'huile. Cette manière de faire, simple et large, exprime beaucoup mieux la nature de son esprit, qui est droite, ingénue, et dont par cela même elle permet de mettre aisément en lumière les précieuses qualités 3. »
Flandrin s’étonnait de trouver, dans cette Rome qu’il croyait si bien connaître, tant de belles choses qui lui avaient échappé pendant un séjour de six ans.
11 est vrai que des fouilles nombreuses et conduites