Journal de voyage, fi décembre
2. « Je vieillis véritablement. Avec le peu d'influence que je pouvais avoir, la santé et les forces ont baissé aussi; voilà les critiques qui remplacent la bienveillance. Eh bien ! si j’avais la faculté de travailler encore, je pourrais dédaigner tout cela, mais voilà bien longtemps que je n’ai rien fait et de là est née une méfiance de moi-même, qui est une véritable faiblesse. J’aspirè à’voir par un véritable travail où j'en suis réellement. » (Lettre à Paul Flandrin, 26 février 1864.)
3. « J’essaie depuis quelques jours de faire quelques études utiles à mes travaux ; mais il est bien difficile d’avoir modèle dans un appartement, en plein soleil, au milieu du va-et-vient d’une famille. Ce que je rapporterai sera donc bien peu de chose. » (Même lettre.)
IIIPPOLYTE FLANDRIN
tin. Il commença aussi le portrait de son plus jeune fils L Par la perfection des qualités techniques, comme par la profondeur du sentiment, ces dernières œuvres prouvent que le talent de leur auteur n’avait pas faibli.
Flandrin 11e s’était pas borné vis-à-vis de la Villa Médicis à la visite mystérieuse que nous avons rapportée. Il y était retourné bien des fois1 2 et y avait reçu du directeur, Schnetz, et des élèves l’accueil le plus chaleureux. Le 15 novembre, invité à dîner chez le directeur, il faisait connaissance, non seulement avec un certain nombre de pensionnaires, mais avec le chargé d’affaires de France, avec le général qui commandait le corps expéditionnaire français, enfin avec beaucoup de personnes distinguées et aimables, telles que l’archéologue Visconti.
Quelques jours plus tard 3, il s’asseyait à la table des pensionnaires eux-mêmes et goûtait la joie de se retrouver pour quelques instants comme autrefois. D’ailleurs il considérait l’ Académie de France comme une seconde famille et il ne manquait aucune occa-
1. Nous en parlons ailleurs, ainsi que du portrait dessiné de Mme Flachérôn, qui porte la date du 9 février 1864. Voy. chap. XIII, p- 260 et 261.
(2) Son enthousiasme pour la charmante villa la lui faisait voir plus belle que jamais. « Ce matin, 17 novembre, le soleil se lève radieux, pas un nuage au ciel. Voilà Rome dans sa splendeur : je vais à rAcadémie et c’est si beau que mon cœur s’inonde de joie et d’admiration, la Villa plus jeune et plus belle que jamais, les’ lauriers plus verts, la plaine dorée, les montagnes bleues et couronnées de neige récente, tout cela forme un ensemble qui tout seul me fait parler et crier tout haut. Je cours au bosco, c’est plus beau encore, et, comme j’ai besoin de le dire à quelqu’un, je redescends à la maison pour préparer quelque bonne promenade et faire partager tout cela à mon cher monde. » (Lettre à Paul Flandrin, 19 novembre.)