‹ Hippolyte FlandrinChapitre 193 sur 211 · Lettre du 2 janvier · texte numérisé non relu

Lettre du 2 janvier

3. « Nous avons fait connaissance avec la princesse Czartoriska, bonne, pieuse, simple, admirable musicienne. L’autre jour nous avons été avec elle à Monte-Mario faire une visite à Litz, qui y vit dans la retraite. Il est pour nous fort aimable et, après avoir pris un petit moment de repos dans la modeste chambre qu’il occupe au couvent, il nous a conduits à la Villa Mélina. C’était la première fois que je voyais Rome de là : je ne sais pas si ce n’est pas là son plus bel aspect. » (17 février 1864.)

4. « Litz a été fort aimable pour nous et nous a fait de la musique, ce qui est maintenant (à ce qu’il paraît), très rare. Il a été prodigieux. » (22 janvier 1864.)

HIPPOLYTE PLANDR1N

pouvoir temporel du pape, alors soutenu par la France, était encore debout, mais sourdement miné. Le peuple était fortement travaillé par les pratiques du Comité révolutionnaire, fort de la timidité publique.

L’aspect delà ville était changé. De tous côtés on ne voyait que soldats français L

Le pittoresque s’on allait. « Les bœufs à grandes cornes sont les seuls habitants qui aient conservé leur costume, avec les Cavalcatori peut-être. La beauté des femmes a aux trois quarts disparu, probablement parce qu’elle n'est plus présentée de même. Les costumes qui se voient encore, sont portés par des modèles, gens dos montagnes ou du royaume de Naples 1 2. »

Les fêtes du Carnaval, autrefois si populaires, si animées, furent entravées, on ne sait pourquoi, par le Comité révolutionnaire. Peut-être y voyait-il un restedel’anoien état de choses. Il donna le mot d’ordre de s’abstenir de toute participation aux réjouissances. « Il s’est adressé à la population, aux étrangers (individuellement, par des lettres), à l’armée française même ... Enfin il n’a rien négligé et cette pauvre population n’ose pas lever un doigt. Cependant le Corso a ses habits de fête, tentures partout aux balcons, aux fenêtres et beaucoup de gens qui aimeraient bien qu'on les amuse, mais qui n’osent pas s'en mêler; dans la rue beaucoup de soldats,

1. « Tu sais si j’aime nos braves soldats ! La vue de notre drapeau, surtout à l’étranger, a pour moi quelque chose de religieux et de sacré. Cependant leur nombi'e ici est tel qu’on les trouve partout et que les lieux autrefois les plus solitaires, le Forum, les places Saint-Jean-de-Latran, Sainte-Marie-Majeure, etc., en sont inondés. » (14 janvier 1864.)

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