‹ Hippolyte FlandrinChapitre 194 sur 211 · décembre · texte numérisé non relu

décembre

SECOND VOYAGE EN ITALIE

des étrangers et enfin des Romains, enveloppés dans leurs manteaux, qui passent comme des ombres indifférentes ou tristes. Puis je remarque comme une atmosphère de sifflets. D’où viennent-ils ? c’est difficile à dire ; mais en haut, en bas, timides, éclatants, ils sortent de tous côtés ! Quelques rares voitures parcourent le Corso ... En somme ces tentatives de réjouissance laissent un sentiment pénible : la contrainte et la gêne qui y dominent, laissent de tristes préoccupations P »

Les révolutionnaires trouvèrent apparemment que malgré leur défense on s’était trop amusé : ils voulurent faire peur. Le dernier jour du Carnaval, après le divertissement des moccoletti , lorsque le Corso et les rues adj acentes étaient encore pleins de monde, une bombe « de vingt-quatre livres » fut placée devant un café du Corso. « Heureusement la mèche a pu être arrachée par deux jeunes gens. Figurez-vous la réussite de cette tentative ! Ma , corne dicono , e afîare d'opinione1 2 ! »

« Quelques jours après, pendant notre dîner, sur la place d’Espagne une épouvantable détonation se fait entendre. C’est encore une bombe placée à la porte d’un libraire qui fait trop bien ses affaires ; ma e sempre affare d'opinione 3. Au bruit, nous nous précipitons à la fenêtre et voyons encore la fumée, qui peu à peu se dissipe. Là encore ils ont manqué leur coup ; le pétard, ayant éclaté du côté de la place, a seulement réduit en poudre les magnifiques glaces de la devanture. Quand je me suis approché pour entendre ce qu’on disait, je n’ai pas été peu étonné

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