‹ Hippolyte FlandrinChapitre 21 sur 211 · juin · texte numérisé non relu

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l’atelier d’ingres

sion qu’ils n’ont pas cachée et ils m’ont jugé bien plus favorablement que je ne pensais moi-même, car ils m’ont parié de prix et je n’y pensais pas1. » Le directeur de l’Ecole, le sous-directeur et un professeur, venus pour apposer les sceaux sur les œuvres des logistes, furent aussi très frappés de celle de Flandrin, mais le jugemenent ne devait être rendu qu’un mois plus tard.

Pendant cette période d’attente énervante, Flandrin, qui avait cependant conscience du mérite de son tableau, n’osait en espérer le succès. L’expérience amère de l’échec éprouvé l’année précédente explique assez les préventions qu’il avait contre le jury. D’ailleurs, la passion qu’il apportait dans ses appréciations à ce sujet n’avait pas le caractère d’une récrimination personnelle, c’était l’outrance d’une foi ardente qui se croit persécutée. « Notre combat, écrivait-il avec conviction, est la lutte du bien et du mal : ces deux principes ne se réconcilieront jamais2. »

Ingres, dont l’enseignement était en jeu, était encore plus impatient de connaître le résultat que son élève, dont il n’avait pas encore vu l’œuvre. « M. Ingres, mon bon maître, est comme moi sur des charbons ardents et il me dit souvent : Oh ! si vous aviez bien fait, que je vous aurais d’obligation3 ! »

L’exposition des logistes eut lieu le 26 septembre. Le jugement devait être rendu le 29. Nous pouvons suivre jour par jour, et presque heure par heure, les émotions de Flandrin à ce moment décisif de sa car-

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