‹ Hippolyte FlandrinChapitre 25 sur 211 · Lettre du 14 janvier · texte numérisé non relu

Lettre du 14 janvier

tout ce que je voyais me transportait d’admiration 1 ! »

A cet enthousiasme d'artiste se mêlait, très vif, le regret des absents. L’éloignement chez lui rendait plus vifs les sentiments qu’il émousse dans les natures vulgaires.

« A mesure que je me suis éloigné et isolé, écrivait-il à ses parents, tous les sentiments que je vous porte me semblent encore plus vifs2. »

Le soir, après le coucher du soleil, quand la nuit qui tombe « fait penser plus loin et plus profond, » il restait longtemps accoudé à la fenêtre de sa petite chambre. « Je plane sur cette grande ville, puis sur la plaine qui est par delà, et mon regard se perd à l’immense horizon de la mer ; mais ma pensée va plus loin, elle va vers vous, elle vous voit tristes, seuls, loin de vos enfants qui vous aiment tant ! Cette pensée m’attriste et fait couler des larmes qui me soulagent un peu. Alors vient une autre idée plus consolante, c’est celle du retour. Elle me rend le courage et la force de travailler. Je vois, je sens le moment où je vous embrasserai. Ce ne sera plus de la joie, ce sera de l'ivresse. Dieu nous fera cette grâce, car c’est pour vous que je le prie avec plus de ferveur 3. »

Les lettres de ceux qu’il aime tant, le transportent de joie. Il les lit en pleurant, les couvre de baisers et les relit encore le soir, pour s’endormir dans la pensée des absents. 11 s’entoure de leurs portraits et leur parle en regardant leur image. v< Mon cher Paul, si tu savais comme ton portrait me fait plaisir! sou-

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