janvier
IIIPPOLYTE FLANDRIN
Cette ferveur pour Raphaël contribuait, plus que tout peut-être, à isoler Flandrin, car il s’en fallait de beaucoup qu’il trouvât rien de pareil chez les autres pensionnaires et chez le directeur de l’Académie, en particulier. Horace Vernet, dont les tableaux avaient tant passionné Flandrin dans son enfance, était bien l’homme le moins fait pour comprendre l’art comme Ingres le comprenait. Le public, ou plutôt les journalistes opposaient souvent leurs œuvres à tous deux, pour préférer naturellement le peintre militaire à l’auteur de Y Apothéose cT Homère. Quant aux pensionnaires, fidèles à l’impulsion de leurs premiers maîtres, si quelques-uns1 tenaient encore pour l’idéal de l'école classique, la plupart était sous le charme du romantisme, alors dans tout son éclat. Chez aucun, ou presque aucun, Flandrin ne pouvait trouver en fait d’art un terrain d’entente. Ces divergences de vues étaient particulièrement sensibles quand, selon l’usage de l’Académie, les œuvres exécutées pendant lannée par les pensionnaires, étaient exposées avant d’être envoyées en France. Celles qui plaisaient au plus grand nombre déplaisaient à Flandrin, et réciproquement. Annonçant une figure peinte de Signol, qui lui paraît fort recommandable, il ajoute : « Aussi, à l’exception de Bézard et moi, tout le monde s’en moque, surtout M. le directeur1. »
Les discussions et les exposés de principes lui paraissaient à bon droit stériles. « Je n’ai pas eu la moindre discussion à l’Académie, écrivait-il, et j’espère bien faire toujours de même. Pour convaincre, en pareil cas, les paroles ne servent pas à grand'chose. L’exemple est beaucoup plus efficace :