‹ Hippolyte FlandrinChapitre 3 sur 211 · DE LA DEUXIEME ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA DEUXIEME ÉDITION

Dans son rapport sur les concours de l’année 1903, M. Boissier, secrétaire perpétuel de l’Académie française, écrivait ces lignes :

« Voici maintenant d’autres portraits, pris dans un milieu différent, en dehors des agitations de la politique. C’est d’abord un artiste, un grand artiste, Hippolyte Flandrin, qui revit pour nous dans le livre que M. Louis Flandrin, son neveu, lui a pieusement consacré. L’auteur a eu le bon goût de raconter simplement, sans artifice, sans effort, sans emphase, une vie simple qui n’a eu d’autres incidents que ceux auxquels aucune vie n’échappe, et pourtant ce récit se fait lire avec un vif intérêt. C’est qu’il nous introduit dans l’intimité d’un artiste qui n’était pas seulement un grand peintre, mais un galant homme, attaché à tous ses devoirs, respectueux de ses maîtres, dévoué à ses amis, passionné pour son art, amoureux de la perfection et qui fut, selon le mot heureux de Beulé, un peintre chrétien nourri dans

un sanctuaire grec. Enlisant le récit que M. Flandrin nous fait de cette existence courte et glorieuse, nous goûtons pleinement le plaisir délicat et rare de pouvoir aimer un homme de talent autant qu’on l’admire. »

Ces lignes, jointes à la lettre que M. Brunetière a bien voulu nous écrire et que nous reproduisons en tête de ce livre, sont pour lui la meilleure des préfaces. En rapprochant ici les noms de ces deux hommes si éminents, dont je m’honore d’avoir été l’élève, je suis heureux de leur exprimer encore une fois, et même après leur mort, ma profonde gratitude. Je les remercie d’avoir ajouté au bienfait de tant de savantes leçons, celui d’un témoignage si précieux de leur estime et de leur sympathie.

Si unie que soit la vie d’Hippolyte Flandrin, si simples que soient ses lettres, on ne peut se pencher sur elles sans éprouver cette « fascination » dont parlait Ambroise Thomas et que Flandrin exerçait sur tous ceux qui l’approchaient. On y respire le parfum d’une belle âme, d’une âme d’artiste et de chrétien. Nous ne sommes ni les seuls ni les premiers à penser que cette lecture peut faire du bien, et que dans un temps où l’art s’oublie souvent dans des fantaisies frivoles ou dans des complaisances coupables, c'est un devoir d’opposer à tant de spectacles pernicieux les exemples salutaires.

C’est ce qu’avait déjà pensé le comte Delaborde, quand, en 1865, il publia les Lettres et Pensées d Hippoly te Flandrin. Nul plus que moi n’admire ce beau livre, nul ne lui doit plus; car c’est lui qui,

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