‹ Hippolyte FlandrinChapitre 4 sur 211 · AVANT-PROPOS DE LA DEUXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS DE LA DEUXIÈME ÉDITION

après mon cher et vénéré père, Paul Flandrin, m’a fait connaître et aimer le grand artiste. Et quand je lis cette savante notice, qui précède le recueil des Lettres , je sens bien qu’on ne la recommencera jamais.

Cependant j’ai cru devoir écrire cet ouvrage, où je me suis proposé de faire revivre Hippolyte Flandrin dans un récit simple, précis, familier, sorti pour ainsi dire de sa bouche. J’ai lu et relu ses lettres pieusement conservées, collationné ses agendas et ses carnets. Aux extraits que j’ai donnés, j’ai conservé leur forme originale, incorrecte quelquefois ou naïve, mais vivante. Surtout j’ai laissé parler les souvenirs du lidèle compagnon de sa vie, de son frère Paul, souvenirs restés si présents et si vifs dans un âge avancé^ Jusqu’à ses dernières années, Paul Flandrin, qui est mort le 8 mars 1902, a joui d’une mémoire merveilleuse et rien de ce qui concernait son frère ne lui paraissait petit. N’étaitce pas un devoir pour moi de recueillir ces témoignages sur un passé lointain et glorieux ? Ne seraitil pas désirable, par exemple, qu’un parent de Lesueur eût fait pour le grand peintre religieux du dix-septième siècle ce que j’ai essayé de faire pour notre Le sueur à nous ?

Je ne pouvais raconter la vie de Flandrin, sans rendre compte de ses travaux, mais en étudiant ses œuvres, je ne prétends pas les juger. Critique d’art, je 11e puis l’être pour un père, ni pour un oncle. Je me suis donc abrité autant que possible sous l’autorité des écrivains contemporains. Je n’ai pas d’ail-

leurs recherché toutes les appréciations qui ont été faites en son temps du talent d’Hippolyte Flandrin : cette curiosité sortait de mon cadre. Je ne donne ce livre ni pour une œuvre de critique, ni pour une œuvre d'érudition. C'est simplement une 'biographie familiale, écrite d’une main respectueuse et sincère.

Elle s'adresse à deux catégories de personnes, d’abord aux artistes et à ceux qui s'intéressent aux choses d’art : ils y pourront trouver plus d’un renseignement utile, non seulement sur Flandrin, mais sur son maître Ingres et son groupe ; ensuite à tous ceux qui aiment à se donner le spectacle d’une noble vie et qui, artistes à leur manière, se plaisent à descendre dans les âmes, pour y surprendre le jeu des passions et des sentiments.

L’accueil que le public a bien voulu faire à notre première édition, nous engage à lui offrir celle-ci, soigneusement revue, corrigée et... abrégée. En cette année 1909, qui marque le centenaire de la naissance d’Hippolyte Flandrin, nous avons pensé que la meilleure manière d’honorer sa mémoire était de le faire connaître d’un plus grand nombre de lecteurs. Changer le format de l’ouvrage, en réduire l’illustration, et toutes les fois que c’était possible, le texte lui-même, afin d’en faire un livre plus portatif et d’un prix qui fût à la portée de tout le monde, voilà ce que nous avons cru nécessaire. Transformant le caractère extérieur de notre livre et visant une clientèle différente, nous avons dû, sur le conseil de notre premier éditeur, nous adresser à un autre. Aux

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