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Leur petit frère

2. Journal d’Hipp. Flandrin. Les citations suivantes sont puisées à la même source.

SÉJOUR EN ITALIE

tête de me faire danser. La première fois qu’elle me demande, je parviens à me cacher ; mais la seconde, on m’en empêche et je suis forcé de comparaître. Mais je prends vite mon parti : je me contente de lui faire faire tranquillement le tour du salon ; ensuite je la ramenai à sa place le moins gauchement que je pus.

« Peu de temps après, comme elles prenaient des leçons de danse de Mme Garelli, la maman m’invita à y assister et à en profiter. Je manquai de parole plus d'une fois. Enfin toute la famille vint jusqu’à la Villa pour me chercher. Force fut donc d’essayer, et je débutai dans la valse, d’une manière remarquable, disait Mme Garelli. »

Cependant le séjour de ces dames touchait à sa fin. La pensée de la séparation prochaine planait sur toutes les réunions et leur donnait un charme mélancolique. Le départ ne se fit pas sans larmes. La veille au soir, on avait fait promettre aux jeunes gens de revenir le lendemain de bonne heure : à trois heures ils étaient sur pied. Après avoir erré longtemps dans le voisinage de la maison, en attendant un moment plus convenable pour se présenter, ils se décident à sonner à la porte et assistent aux derniers préparatifs du départ.

« Puis, comme la voiture était prête, qu’il ne restait plus qu’à descendre, on se mit à pleurer. Mme W... poussa doucement à moi M1,c Marie- Louise, pour que je l’embrasse, je crois, mais je n’osai et serrai ses deux jolies petites mains bien affectueusement. M1Ie Elisa se retournait en pleurant. Je fus à elle, embrassai Lawrens, et enfin la bonne mère, qui sanglotait. Mlle Elisa prit les violettes toutes fanées et les emporta. »

Ces violettes que l’on a cueillies ensemble dans une promenade et dont on conserve le bouquet comme une relique, n'est-ce pas l’emblème de ce petit roman discret et parfumé, qui ne laissa après lui quun souvenir pur et charmant, fidèlement gardé ?

Aux termes du règlement, les pensionnaires doivent la première année produire une figure d’étude.

« Ici, on ne parle plus que de faire de grands tableaux ; mais j’ai moins d’ambition et, quoiqu’on en rie, je serais bien heureux s’il m’était possible de faire une bonne figure ; je crois moins être venu à Rome pour faire des tableaux que pour me mettre en état d’en faire h »

Après avoir longtemps hésité sur le choix de son sujet, il se décida pour celui-ci, qu’il emprunta à Y Iliade : « Au moment où l’armée grecque s’ébranle pour de nouveau attaquer la ville, Polyte, le plus jeune des fils de Priam, se fiant sur son agilité, seul entre les Troyens, osa rester hors des murs. Assis sur le haut de la tombe du vieux Æsietes, il observait les Grecs2. »

Le jeune homme est représenté nu, de profil, il tient ses deux mains enlacées, appuyées sur sa jambe droite, au-dessous du genou.

Cette peinture, achevée au commencement de 1834 3, ne fut exposée à Paris qu’au mois de juillet.

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