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I. Lettre d’Auguste à Hippolyte, 15 août

SÉJOUR EN ITALIE

les épines, et cependant je ne m’attendais pas à mieux. Je sentais tout ce que M. Ingres allait dire et j’en reconnaissais toute la justice. Mais l’endroit où il dit : « Je ne dis pas que ce soit dans une mauvaise route, » m’a fait bien de la peine, et je pense que tu le comprends comme moi b »

Il craignait que les défauts dont il convenait si modestement, ne fussent attribués à l’enseignement qui lui était cher. Il n’en fut rien.

« J’ai vu avec plaisir, dans les journaux qui viennent ici, écrivait-il le 26 octobre, que ma figure n’a pas été mal vue. Elle a même reçu beaucoup plus d’éloges que je ne m’y attendais, et je suis content de ce que M. Ingres n’a pas eu encore à souffrir de ce côté-là. »

Le jugement de l’Institut et du public s'accordait avec celui qu’avait porté dès le premier instant Horace Vernet lui-même. Le jeune artiste l’avait invité à venir voir son œuvre dans son atelier, avant même qu’elle fût terminée. « Il l’a regardée longtemps et il m’a dit: Je vous avoue franchement que je ne m’attendais pas à cela, c'est d'un caractère très original et même d’un beau ton 1 2. »

Comme il arrive, Ingres s'était montré plus sévère que tout le monde pour celui qu’il aurait voulu voir à l’abri de tout reproche .

11 est vrai qu’à cette époque le maître était plus ombrageux que de coutume, parce qu’il traversait une des crises les plus pénibles de sa carrière. 11 venait d’exposer3 son grand tableau du Martyre de saint Symphorien et l’accueil qu’avait reçu à son

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