‹ Hippolyte FlandrinChapitre 36 sur 211 · er mars · texte numérisé non relu

er mars

IIIPPOLYTE FLANDRIN

apparition cette œuvre si longuement travaillée et si puissamment originale ne répondait pas aux espérances de son auteur. Certains excès d'énergie dans la représentation de la vigueur physique choquaient le public. Certaines audaces, certaines libertés prises avec la nature, avaient alarmé une grande partie de son école. Il semblait que, dans l'exécution de ce tableau, Ingres se fût écarté personnellement de l’enseignement qu’il donnait. On nous permettra de citer ici une lettre de l’ami de Flandrin, Lacuria, qui traduit avec naïveté les impressions alors ressenties par les élèves d’Ingres.

« Comme vous pouvez bien le penser, l’envie était grande à batelier de voir ce tableau. On savait qu’il y avait là un Sévaut , un Dubosc et plusieurs autres modèles qui tous nous donnent tant de mal à l’atelier. On allait enfin les voir par M. Ingres lui-même... ; mais qu’elle n’a pas été la surprise, quand on a vu la tête de Caroline , les jambes de Sévaut un peu fortifiées, un certain type général sur toutes les têtes de femmes, mais surtout ce Dubosc qu’on aurait voulu ne pas pouvoir reconnaître dans cette imitation plus que libre, pour ne pas dire laide î On s’est demandé lequel il fallait croire, ou du maître ou du tableau, si Vérij et Dubosc devaient se faire comme ça, ou comme il disait de les faire quand il nous corrige1. »

La réponse de Flandrin à cette lettre nous montre la parfaite sincérité avec laquelle l’élève, sans rien perdre de sa déférence habituelle, juge cependant son maître et condamne implicitement certaines parties de son œuvre au nom même de son enseignement.

A son départ pour Rome, il avait vu le tableau en

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