Juin
2. Ingres était alors chargé de la décoration d’une chapelle dans l’église Saint-Sulpice et de peintures murales à Notrc- Dame-de-Lorette.
SÉJOUR EN ITALIE
renoncer à une influence immense. Flandrin, qui déplorait cette résolution, entreprit même de la combattre. Il écrivit au maître une lettre, malheureusement perdue, pour lui représenter quelle était l’opinion à peu près générale sur son projet. Tout fut inutile.
Quand la chose fut irréparable, il écrivit la lettre suivante, dans laquelle il s’efforçait de dissiper certaines préventions :
« Mon cher maître,
« Maintenant qu’a cessé toute incertitude, nous nous livrons à la joie de vous revoir... Cette belle Rome, vous allez la retrouver; elle vous rendra, j’espère, le repos et le calme que vous cherchez. Les mille tracasseries de Paris resteront loin de vous. Vous pourrez travailler et vos ouvrages iront toujours en France montrer quelle est la vraie route.
« M. Vernet m’a dit qu’il vous avait écrit, mais qu’il était loin de vous complimenter sur ce que vous veniez chercher ici, et je n’ai pu m’empêcher de lui témoigner que sa lettre m’aurait paru plus obligeante avant votre nomination qu’après. Si M. Vernet a eu quelques petites tracasseries, on les attribue généralement à la légèreté de son caractère, qui d’ailleurs est plein d’obligeance. Moi, qui n’ai eu jamais qu’à m’en louer, je suis cependant du même avis. Mais je n’en parle avec cette franchise, que parce que je crains que sa lettre ne vous ait prévenu déjà contre les pensionnaires, qui sont pour vous pleins de respect et d’estime. Je suis sûr que lorsqu’ils vous connaîtront, ils vous aimeront aussi1. »