‹ Hippolyte FlandrinChapitre 39 sur 211 · juillet · texte numérisé non relu

juillet

Le 1er janvier 1835, Flandrin, tout à la joie de revoir son maître, entraîna toute l’Académie, y compris le directeur, et tout ce qu’il y avait d’artistes français à Rome, au devant d’ Ingres, qui d'ailleurs n’arriva pas ce jour-là. La meme démarche se reproduisit encore deux fois sans plus de succès : Ingres arriva de nuit à la Villa Médicis. Dès le matin, Flandrin se précipita chez lui pour l’embrasser. Il le trouva d’une froideur inexplicable. Ingres avait accueilli avec une légèreté d’enfant de faux bruits, répandus par un de ses élèves, plus maladroit que méchant, et d’après lesquels Flandrin à Rome se serait détourné de sa voie première.

Quelques jours après, Ingres allait faire visite à l’atelier de Flandrin. Là, voyant les œuvres du jeune artiste, il serrait les deux frères dans ses bras et s’écriait avec attendrissement : « Vous êtes bien les enfants de mon cœur ! »

Loin d'avoir à renier son élève, Ingres pouvait être fier de lui. Il le sentait et le laissait voir : « Ce qui m’a fait hier plaisir, et que je ne dis qu’entre nous, écrivait Flandrin à son frère Auguste, c’est le plaisir que témoignait M. Ingres le premier jour de l’exposition L A mesure que l’on plaçait ma figure , puis mon tableau, ses yeux brillaient de joie et passant près de moi, il me serrait furtivement la main 2. »

L’année 183 A n’avait cependant pas été favorable au travail pour Flandrin. Il fut atteint d’un mal d’yeux qui l’affecta vivement On lui défendait de lire, d'écrire, et par conséquent de dessiner. Les divers remèdes essayés restaient sans effet. Le malheureux artiste se désolait. Enfin, au mois d’octobre, il res-

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