‹ Hippolyte FlandrinChapitre 47 sur 211 · Le titre est « Lejeune homme accroupi · texte numérisé non relu

Le titre est « Lejeune homme accroupi

SÉJOUR EN ITALIE

tent leurs petits enfants à Jésus-Christ pour qu’il les bénisse. Les disciples les repoussent, mais le Maître dit : « Laissez venir à moi les petits enfants, car, je vous le déclare, le royaume des cieux n’est fait que pour ceux qui leur ressemblent. »

En prenant pour idéal la divine naïveté de ce récit, qui parlait si éloquemment à son cœur, Flandrin sentait bien qu’il s’engageait dans une voie qui n’était pas celle de son maître. Ingres a traité plusieurs fois des sujets religieux, mais son inspiration était plus souvent païenne que chrétienne. Nous lisons dans une lettre de Flandrin à Ambroise Thomas : « Je vois cette scène-là fort belle. Le grand sens des paroles du Christ et le sentiment qui domine tout cela sont des choses magnifiques à exprimer, mais aussi c’est une entreprise effrayante. L’approbation que m’a donnée M. Ingres, m’encourage beaucoup. Je craignais qu’il n’aimât mieux autre chose : au contraire, il a été enchanté1. »

La liberté que l’artiste avait prise dans le choix de son sujet, il la conserva avec un soin encore plus jaloux dans l’exécution. Il décida de ne montrer son tableau à personne, pas meme à son maître, avant le complet achèvement. Paul seul était excepté. Un de ses camarades avait des mains superbes, que Flandrin enviait pour son Christ. Il servit de modèle à son ami, mais il dut consentir à poser les yeux bandés. La séance terminée, il insistait cependant pour qu’oh lui permît un coup d’œil, en retour de sa complaisance. Cette faveur lui fut accordée, mais seulement à l’heure où, si l’on voit bien quelque chose, on ne distingue plus rien. Oh! s’écria le naïf admira-

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