U juin
teur, voici une tête de cheval! Il désignait une draperie blanche sur l’épaule d’un disciple.
Le Christ, drapé d’un ample manteau blanc, est debout, les mains reposant sur les têtes de deux jeunes enfants. Son expression est légèrement rêveuse ; son regard doux et noble.
Deux jeunes mères agenouillées lui présentent leurs fils. Une autre apporte dans ses bras un ravissant poupon. Ces ligures de femmes, en particulier les deux figures agenouillées \ sont, dans cet ensemble harmonieux, ce qui se détache avec le plus d’originalité. Une grâce virgilienne s'y joint à l’austérité du sentiment religieux. Ce sont déjà des chrétiennes et ce sont aussi des mères tendres et charmantes dans leur tendresse. Flandrin préludait ainsi aux pures et douces créations que son pinceau devait déployer plus tard sur les murs de nos églises.
Cette œuvre fermait dignement la série des envois de Flandrin. Son talent s’était successivement exerré par des études comme Politès , le Berger , Euripide , le Jeune homme accroupi et affirmé dans des œuvres de plus en plus importantes comme Danle visitant les Envieux , Saint Clair guérissant les aveugles, Jésus bénissant les enfants . Surtout l’artiste avait trouvé sa voie : de la légende de Thésée, par l’intermédiaire d’Homère, il était venu à Virgile, de Virgile à Dante et de Dante à l’Evangile.
La vie tranquille et studieuse qu’il menait à Rome, dans ce milieu si artistique, enchantait Flandrin. Il