‹ Hippolyte FlandrinChapitre 50 sur 211 · Journal d’il. Flandrin, 17 décembre · texte numérisé non relu

Journal d’il. Flandrin, 17 décembre

fut riche en souvenirs, en croquis, en études. Malheureusement le journal de Flandrin présente une lacune à cette époque.

En 1837, nouveau voyage, mais dans des conditions fâcheuses. Flandrin, qui avait eu la fièvre pendant près d’un an (août 1836-mai 1837), venait, après deux mois de répit, d’être ressaisi par ce mal tenace. Tous ses amis lui conseillaient de voyager pour couper sa fièvre. Au moment du départ, le choléra fit son apparition à Rome. Cependant on ne supposait pas que ce tléau dut prendre de redoutables proportions. « Nous pensions, écrivait Flandrin, que cette alerte pouvait n’être que comme les trente ou quarante que nous avons eues depuis que je suis à Rome. » Nos artistes, partis au nombre de six, sont bientôt arretés à la frontière de Toscane par un cordon sanitaire. Il leur faut faire quarantaine pendant quatorze jours. Plutôt que de rester tout ce temps à Acquapendente, ville de peu d’attraits, il se rabattent sur Pérouse. Là, ils apprennent que le choléra fait rage à Rome et qu’une des premières victimes a été Sigalon, « cet homme si aimé et si estimé, à qui il restait encore quelques jours pour finir un travail de cinq ans, poursuivi avec le courage le plus admirable. Il est mort et cette nouvelle nous a plongés dans un vrai chagrin. Oh ! que je regrette d’avoir quitté M. Ingres et l’Académie dans ces affreuses circonstances !

« Cependant, comme il était impossible de retourner et que la fin de notre quarantaine était arrivée, nous partîmes pour Florence. Arrivés à la frontière, on nous fit signe de retourner en arrière et des soldats vinrent pour nous arrêter. Cependant, après beaucoup de débats, nous fûmes admis

SÉJOUR EN ITALIE

« Nous dînions deux heures plus tard à Arezzo ; nous étions heureux d’avoir enfin franchi la frontière toscane, lorsque inopinément on vint nous avertir que le choléra venait d’éclater à Florence. Juge de l’effet de cette jolie nouvelle. Cependant nous étions trop avancés et nous continuâmes L »

Le fléau fut d’ailleurs conjuré, mais ces alertes continuelles ne sont pas de nature à réchauffer l’enthousiasme artistique et l’on comprend que Pérouse ait moins plu à Flandrin que lors de son premier voyage, « malgré les mille belles choses qu’elle contient ». Cependant Assise et son fameux couvent lui font plus d’effet encore. En 1835, il avait été déjà « émerveillé » par sa visite à San Francesco. « C’est non seulement la plus grande réunion de peintures de cette école que j’aie jamais vue, mais encore ce sont celles qui m’ont peut-être le plus touché ! Cimabue et Giotto y sont d’une hauteur étonnante. Nous n’avons pas pu y travailler beaucoup et nous sommes partis nous promettant bien d’y revenir faire un voyage exprès. » En 1837, il note sur son journal ces simples mots : « Nous allons passer deux jours à Assise. Les peintures sont pour moi plus belles que jamais. Nous travaillons un peu. »

Après une dizaine de jours donnés à Florence, nos voyageurs se décident à pousser au nord vers Bologne, Ferrare, Padoue et Venise.

Cetté dernière ville, avec l’aspect unique de ses canaux et de ses gondoles, produisit sur Flandrin une impression profonde. « Ces palais, ces maisons qui plongent sur l’eau et qui s’y baiguent, cette

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