‹ Hippolyte FlandrinChapitre 55 sur 211 · octobre · texte numérisé non relu

octobre

2. 3.000 francs. Le tableau de Dante, beaucoup moins important et cédé «à la ville de Lyon, à un prix de complaisance, avait été payé autant.

RETOUR DE ROME. PREMIERS TRAVAUX DE FLANDRIN

« Tu vois, écrivait Flandrin à sou frère, la faveur est grande, ils ne pensent pas que je puisse la refuser, puisqu'ils ne savent qu’en faire, et cependant ils me l'achètent ! Ils m’en débarrassent 1 . »

Dans son dépit2, il fut tenté de refuser les offres médiocrement avantageuses du Ministère, il eût voulu pouvoir répondre à qui de droit : « Mon tableau est vendu ou près de se vendre à un beaucoup plus haut prix. » Heureusement Gatteaux était là : il représenta à son jeune ami qu’un tel coup de tête, sans émouvoir beaucoup le Ministère, lui causerait à luimême le plus grand préjudice. Ce serait se rayer soimême de la liste des travaux qui pourraient être distribués plus tard.

Cependant Flandrin faisait des démarches pour que son œuvre fût placée au musée de Lyon ; mais il était mauvais solliciteur. Fulchiron, député du Rhône, chez qui il s’était présenté, s’écria d’une voix pathétique : u Vous allez jeter la zizanie parmi les députés ! » « S’il fallait que ça dure, je ne pourrais pas vivre, je ne pourrais pas y résister. Oh ! chère Rome, où es-tu ? Mais ici, se voir traiter avec si peu d’égards et devoir par calcul remercier des olïres misérables que l’on vous fait 3 ! »

Le malheureux tableau restant toujours sans destination, on permit à l’auteur de l’exposer au Salon de 1839, mais il fut mal placé : nouvelle mortification pour l’artiste.

Page 1