‹ Hippolyte FlandrinChapitre 56 sur 211 · C, janvier · texte numérisé non relu

C, janvier

ITIPPOLYTE FLANDRIN

Enfin l'œuvre de Flandrin fut expédiée à Lisieux, et ce qui étonnera sans doute le plus le lecteur, ce n’est pas qu’en 1839 on ait relégué là-bas le tableau le plus important que Flandrin ait jamais fait sur toile, mais c’est qu’il y soit encore aujourd’hui, alors que le Louvre ne possède de son auteur que deux portraits et une figure d’étude.

Cependant Flandrin s’était installé, avec son frère, au mois de septembre 1839, dans la maison qu’il devait habiter jusqu’à la fin de sa vie 1 et qui, située au n° là de la rue de l’Abbaye, se trouve, par une singulière prédestination, tout auprès de cette église Saint-Germain-des-Prés, qu’il devait décorer plus tard. L’emménagement avait nécessité des frais, les économies fort maigres de l’artiste se trouvaient épuisées. Son frère Paul, dont les paysages n’étaient payés que d’éloges, ne pouvait l’aider.

Le Salon de 1839 venait de se fermer, sans que les œuvres des deux frères eussent été l’objet de la moindre proposition du Ministère ou de la Maison du roi. 11 eût fallu être appuyé.

« Nous sommes loin de l’être. Nous connaissons beaucoup de monde pourtant, mais dans ce monde personne ne parle pour nous, et quant à demander moi-même, je ne le ferai jamais 2. »

Pour se procurer quelque ressource, Flandrin avait repris une figure d’étude, peinte autrefois en Italie et qui avait même trouvé place, au troisième plan, dans son tableau de Jésus.

1. Flandrin occupa successivement trois appartements dans cette maison. Mais il conserva toujours le même atelier, qui fut relié plus tard à son nouvel appartement, à la hauteur du troisième étage, par une légère passerelle recouverte d’une galerie vitrée.

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