‹ Hippolyte FlandrinChapitre 62 sur 211 · Lettre du 31 août · texte numérisé non relu

Lettre du 31 août

Il était aussi chargé du service de la correspondance. Il ne s’en acquittait pas toujours avec une régularité parfaite et laissait parfois s’écouler les semaines et les mois sans donner signe de vie. Alors Mippolyte se mettait en colère.

« Au nom du ciel, mon cher Auguste, que fais-tu et comment peux-tu, si longtemps, nous laisser dans l’inquiétude où nous sommes ? Depuis plus de cinquante jours, pas un mot, pas la moindre nouvelle de toi et de notre bonne mère ! Je désire que tu n’aies pas de maladie à alléguer pour excuse, mais vraiment tu ne crois donc pas que c’est pour nous une peine cruelle que la triste nécessité qui nous fait vivre loin de notre bonne mère et de toi ? Pour nous aider à la porter, tu devrais donc entretenir des communications plus fréquentes et plus régulières, mais je t’ai écrit plusieurs fois et toujours des choses intéressantes... Cependant à tout cela point de réponse. Juge de l’inquiétude qui nous tourmente. Depuis huit jours surtout, le moindre bruit qui se fait à notre porte est toujours pris pour l’arrivée d’une lettre, mais que de déceptions ! Si tu n*es pas malade, mon ami, je t’en prie, répare cela bientôt et nous oublierons tout L »

Le coupable ainsi interpellé s’exécutait et recevait aussitôt son pardon.

cc J’ai reçu avec un grandissime plaisir tes deux lettres : tu as réparé ta faute, c’est bien, c’est bien, je te pardonne, mais n’y retombe pas1 2. »

Dans la correspondance des deux frères, on voit naturellement défiler toutes les questions qui préoc-

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