Il mars
HlPPOLYTE FLANDRIN
doute que, voyant sou fils soucieux et sombre, elle lui avait fait avouer la cause de son chagrin. Toujours est-il qu’elle s’alarma de ce petit incident dans lequel sa sollicitude voyait un danger pour la bonne intelligence des deux frères. Répondant à sa mère courrier par courrier, Hippolyte explique et reprend quelque peu les termes de sa lettre, mais il maintient sa pensée sur le fond de la question :
« Vous vous faites du tourment pour une chose qui n’existe pas... Je n’ai jamais demandé à Auguste son petit Louis. (Il avait du moins exprimé l’espérance que le jeune homme viendrait bientôt à Paris et travaillerait avec lui.) C’est son élève, il l’a bien conduit, et je conçois qu’il y tienne. Aussi me suis-je toujours abstenu de rien dire à Louis, qui pût lui donner un désir exagéré de venir à Paris. Je suis certain que, lorsqu’il s’agira de prendre ce parti, Auguste consultera beaucoup plus l’intérêt du jeune homme que le sien. Je serais le premier à blâmer celui qui voudrait les détacher l’un de l’autre. Je trouverais cela d’une indélicatesse dont je ne suis ni coupable, ni capable. Auguste a eu tort de ne pas m’écrire directement son inquiétude à cet égard. Je suis sûr qu’en quelques mots nous nous serions bien vite entendus b »
Hippolyte ne fit pas appel en vain à la raison de son frère et à son dévouement pour Louis Lamothe. Quelques mois plus tard, le jeune homme arrivait à Paris. Hippolyte et Paul le recevaient à bras ouverts et lui parlaient avec émotion de son premier maître.
« Comme je lui disais que je voulais te continuer et compléter le bien que tu lui as déjà fait, les larmes