mars
Dès le mois de décembre 1 8 /§ 3 , une circonstance de ce genre l’arrache à sa vie ordinaire. Le voilà parti avec son frère. En vain reçoit-il en cours de route des nouvelles plus rassurantes. « Après une telle alarme, nous avons besoin de voir notre bonne mère. » Aussitôt arrivés, les deux frères sont empêchés de se montrer à la malade. Celle-ci ne se doute de rien et la brusque apparition de ses fils pourrait lui causer une émotion trop forte.
« Juge de notre peine : près d’elle, nous sommes obligés de nous cacher et, si nous ne parvenons d’ici quelques jours à lui faire savoir naturellement et sans l’alarmer notre voyage, notre parti est pris ; nous retournerons sans la voir et elle ne saura jamais ce voyage ! Quoi qu’il en soit, nous ne regrettons pas d’être venus : quelque chose nous dit que nous avons fait ce que nous devions b »
En même temps, transformé par sa piété filiale en diplomate retors, il écrivait à sa mère, comme de Paris, lettres sur lettres, pour la préparer à sa venue. Tl transmettait à sa femme des instructions pour qu’elle le secondât dans son nouveau rôle. « Nous n’osons point sortir et avons même peur que notre bonne maman nous sente et nous devine. »
Enfin les deux fils sont introduits auprès de leur mère, mais c’est son tour de feindre ; ne veut-elle pas leur faire croire qu’elle était seulement grippée ? Pour la forcer à se soigner, il faudra la prendre par ses côtés faibles.
« La maman se lève pour deux heures environ ; puis, bien sage, se recouchera et tâchera de se tran-