décembre
mon cœur que je t'aime. Je le sens bien et l’émotion que j’éprouve en lisant tes bonnes lettres m’en est une nouvelle preuve. Ces chères lettres ! je les aime et les garderai toute ma vie 1 ! »
Avec un cœur si tendre, Flandrin devait être un père affectueux entre tous, mais il fut de ceux qui font par les larmes l’apprentissage de la paternité. Son premier enfant, une petite fille née le \!\ septembre 18M, vécut seulement quelques heures. Le ciel ne fit que la montrer à ses parents, qui pleurèrent de toute leur âme, mais sans amertume et sans révolte.
Un an plus tard2, ils eurent la consolation de voir naître un second enfant, vigoureux et beau, qu’ils appelèrent Auguste, en souvenir de son oncle toujours regretté.
Ce fut pour l’âme d’Hippolyte Flandrin un épanouissement, un rajeunissement. Avec quels transports il contemple le cher petit et avec quel accent il en parle dans ses lettres !
« Naturellement nous le trouvons charmant. Mais sans prévention, il me paraît plus joli que beaucoup d’enfants de son âge. Nous parlons de ça, parce qu’on ne saurait lui demander autre chose ; mais plus tard c’est un bon cœur que nous voulons lui trouver et que nous tâcherons de cultiver. Je veux qu’il aime tout ce qu’il y a de bon, de beau, enfin je veux que ce soit un brave garçon, qui aime bien et soit digne d’être aimé 3. »
Deux mois plus tard, il écrivait :
« Notre cher enfant a fait d’admirable progrès. Il