octobre
a grossi au point que tout le monde se récrie. Son intelligence aussi commence à s’éveiller. Scs yeux vous suivent et son joli petit sourire s’adresse à vous. Lorsque vous lui parlez, il écoute avec une sorte d’attention et quelquefois il vous répond par un petit murmure des plus charmants. 11 est vrai que tout cela, je le vois avec des yeux de père, yeux prévenus certainement; mais cependant, chère mère, votre petit-fils est trouvé par tout le monde fort gentil. Nous tacherons qu’il devienne bon et mérite d’étre aimé1. »
C’est ainsi que chez Hippolyte Flandrin, dès le début, une préoccupation morale se mêle aux naïfs ravissements du père, aux poétiques contemplations de l’artiste.
« Je voudrais déjà que le cher petit pût adresser à Dieu une petite prière pour sa bonne maman. Mais il faut que je me contente de faire joindre ses petites mains à votre intention. 11 est bien gentil et, lorsqu’il rit, c’est d’un si bon cœur, qu’il est impossible de ne pas l’imiter. Son expression a tant de douceur et de bonté que je veux croire à ces indications2. »
« Oh ! que je serais heureux, si vous pouviez jouir des progrès de notre cher enfant, de sa bonne mine, de sà gaîté et des études qu’il fait pour gazouiller des je ne sais quoi charmants, si vous voyiez avec quelle joie il nous accueille à son réveil, quelle ardeur, quelle vivacité ! Comme il remue tout à la fois les bras et les jambes, semblable à un petit oiseau qui voudrait bien s’envoler, mais dont les plumes sont trop courtes encore3. »