mars
« Le cher petit, par une espèce de pressentiment, s’est pris d’amour pour le petit portrait que j’ai fait de vous il y a quelques années. Il lui sourit, lui tend les bras et, dès qu’on lui demande : Où est bonne maman ? il le regarde et le regarde avec joie, ce qui me fait grand plaisir L »
« Voulez-vous savoir comment on fait faire au petit Auguste une prière pour sa grand’mère ? Nous faisons joindre les mains du cher petit, en disant : Mon Dieu ! et nous laissons à ce bon père le soin d’interpréter, car il sait mieux que nous ce dont nous avons besoin2. »
« Notre cher petit est dans une veine délicieuse : il est bon, il est gracieux, son petit ramage nous enchante. Chaque jour ce sont de nouveaux mots, de nouvelles caresses et, plus je vais, plus j’en deviens... bête. Ne croyez pas cependant que je le gâterai : oh non, je l’aime trop ! et je sens que lui voir un défaut me sera chose cruelle, je le sentirai trop vivement3. »
A partir du 14 février 1848, à côté du petit Auguste, la petite Cécile vint prendre sa part des admirations et des tendresses paternelles.
La naissance de cette enfant en pleine Révolution de février ne fut pas sans apporter à Flandrin un surcroît d’émotion et d’alarmes.
A la fin de l'année, toute la petite famille émigra pour quelques mois à la suite de son chef, qui allait décorer l’église Saint-Paul à Nîmes. Ce fut un des rares déplacements de cette vie si extraordinairement calme, rendue doublement casanière par les