‹ Hippolyte FlandrinChapitre 75 sur 211 · septembre · texte numérisé non relu

septembre

« Si je pouvais, je t'écrirais toujours et je te donnerais les plus doux noms, ceux qui viennent naturellement à mon esprit, parce que je sens combien nous sommes moitié l’un de l’autre et combien il nous serait impossible de vivre éloignés. A tout moment je pense que j'arrive : c’est le soir, il est tard, on évite le bruit. Au haut de l’escalier je vois ma grande amie, je monte rapidement, j’embrasse son cher visage, je sens son cœur sur le mien... Oh! chère amie, qu’il est bon de s’aimer ainsi ! puis je vois nos petits endormis et je prie Dieu qu’il nous protège tous et toujours 1 ! »

Prisonnier de son affection, il se dérobait à toutes les occasions qui pouvaient l’entraîner un peu en dehors du cercle très restreint qu’il aimait. C’est ainsi qu’en 1853, après sa réception à l’Institut, il voulut se soustraire aux avances flatteuses des Lyonnais désireux de fêter le succès de leur compatriote. Il crut devoir refuser d’assister à la distribution des prix de l’Ecole des Beaux-Arts, mais il ne put échapper au dîner que les artistes donnèrent le lendemain en son honneur. Ce fut une petite manifestation charmante, que dans ses lettres il a racontée avec beaucoup de bonhomie. On ne l’accusera pas de s’être donné à lui-même un rôle trop brillant.

« Hier, à deux heures et demie, M. Thierrat et M. Bonirote sont venus nous prendre, pour aller au musée chercher ceux qui avaient bien voulu se réunir pour nous fêter, une soixantaine de personnes, parmi lesquelles beaucoup de nos anciens maîtres, de nos camarades et amis, enfin quelques inconnus pour nous, mais qui étaient venus spontanément. Le dîner

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