juillet
bonne mère avait quatre-vingt-sept ans. Flandrin s’était donné le plaisir d’aller lui souhaiter sa fête à la Saint-Jean :
« La journée de dimanche a été superbe, un soleil radieux égayait tout, puis moi j’étais véritablement heureux ; car, après la messe, je suis revenu bras dessus bras dessous avec la maman. Elle était si contente ! Elle m’a dit que la semaine dernière elle allait moins bien, mais que tout à coup elle se sentait transformée et légère comme un papillon, et ces dames n’en revenaient pas de lui voir manger un bon potage, un petit morceau de bœuf, du jambon, du gigot, quatre asperges, biscuit et riquiqui ! Ce matin, 23 juin, Marguerite1 m’a acheté un joli bouquet ; mais, — j’oubliais, — c’est maman qui, à sept heures, est venue me réveiller et m’embrasser dans mon lit. Je me suis vite levé, ai pris mon bouquet, les lettres des enfants, la lithographie de Paul, le petit ouvrage d’Aline, mes Madones et enfin l’ouvrage sur Saint- Vincent-de-Paul. Je lui ai souhaité sa fête au nom de tous, puis je lui ai lu et montré tout. Elle l’a accueilli avec grande joie et me charge, mes bons amis, de ses remerciements, en vous rendant caresses pour caresses2. »
Parmi les cadeaux de fête se trouvait une nouvelle qui lit grand plaisir à « la maman », l’annonce d’une prochaine naissance. En effet, quelques mois plus tard, le 20 novembre 1856, H. Flandrin eut le bonheur dé tenir dans ses bras son quatrième enfant, un petit garçon, auquel il donna le nom de Paul, que le souvenir de son frère lui rendait si cher.