‹ Hippolyte FlandrinChapitre 80 sur 211 · février · texte numérisé non relu

février

douceur à chercher notre mère. Il nous semble qu’elle est à la messe, qu’elle va revenir tout à l’heure. La mort n’a pas laissé ici sa terreur ordinaire et le souvenir de son image, lorsque nous l’avons embrassée pour la dernière fois, nous a donné l’idée d’une sérénité qui est au-dessus de notre sphère et exprime une partie du bonheur des élus. Chère mère î lui avonsnous assez prouvé combien nous l’aimions ? Oh ! jamais assez ! et je veux que le reste de ma vie le lui dise toujours b »

Non content d'entretenir dans son cœur le culte de sa mère. Flandrin sut y associer ses enfants. Quelques années plus tard, de passage à Lyon, il fit avec eux un petit pèlerinage devant la maison qui lui rappelait tant de souvenirs :

« Le premier soir, en arrivant, j’ai pris avec moi Auguste et Cécile ; à neuf heures du soir, nous avons été regarder les fenêtres de notre chère mère, et, comme je m’attendrissais en parlant d’elle et de sa mémoire, j’ai senti une larme d’Auguste tomber sur ma main, tandis que Cécile pleurait tout bas. Ces larmes de mes chers enfants m’ont été bien douces 1 2. »

A tant de citations des lettres intimes de Flandrin qu’il nous soit permis d’en ajouter quelques-unes d’un caractère bien dilférent, relatives à des circonstances d’une époque postérieure, mais qui nous montreront aussi son attachement à la famille. Flandrin était alors l’hôte de Napoléon III au château de Com-

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