décembre
HIPPOLYTE FLANDRIN DANS SA l AMILLB
« Hier, le programme de la journée étant très vague, on nous a donné à entendre que nous étions libres et, avec MM. Nisard et Jules Sandeau, j’ai pris la clef des champs et nous avons marché dans la foret durant trois heures et demie, sous cette belle lumière, ce doux soleil, au milieu du silence que nous écoutions avec bonheur... Rentrés au coucher du soleil, nous avons appris, et pour mon compte avec regret, que l’empereur et l’impératrice, accompagnés d’une partie de la société, avaient aussi fait une promenade à pied. Là, j’aurais plus facilement pu parler à l’empereur, car dans les salons c’est impossible. J’allais t’écrire, lorsqu’on est venu m’avertir que l’impératrice m’invitait à venir prendre le thé. Vite un coup de peigne, un coup de brosse et j’ai couru. L’impératrice était toute seule; cependant avec bonne grâce et bonté elle m’a fait asseoir près d’elle et je lui ai témoigné mon regret de ne pas l’avoir accompagnée dans la promenade. Nous avons parlé de diverses choses, entre autres du musée Campana et, à ce propos, elle a bien Arouîu aller me chercher des œuvres d’art chinoises de la plus grande beauté et qu’elle pouvait à peine porter. A ce moment est entré le comte Kisselef, ambassadeur de Russie, qui a été suivi bientôt du gros de la compagnie1. » « Hier le temps s’est mis à la pluie et, après le déjeuner, l’impératrice a décidé qu’on remettrait à demain la partie de Pierrefonds. On a fait salon, l’impératrice a été chercher le petit prince et nous l’a présenté. 11 m’a tendu la main, que j’ai baisée. C’est vraiment un aimable enfant, dont le regard a quelque chose de pénétrant et de doux. Après la présentation, il s’est