décembre
HIPPOLYTE FLANDR1N
mis à courir, à sauter avec un autre enfant de la manière la plus gaie et la plus vive.
« Ensuite, comme il pleuvait toujours, l’impératrice nous a menés dans ses appartements, pour nous faire voir ses bijoux, qui sont merveilleux et aussi variés de matière que de motifs. A quatre heures, je suis rentré chez moi, où j’ai trouvé ta lettre et celle des enfants, que j’ai lue, le tout avec un plaisir infini.
« Tout à l'heure, à cinq heures, je suis retourné au thé de l’impératrice. De nouveau on a fait cercle, puis on est revenu s’habiller pour dîner. Ah ! ma foi ! ça devient long et aujourd’hui tout le monde a l’air de ne plus savoir que se dire. Du reste, il faut l’avouer, avec des gens comme moi il y a peu de ressources. Viollet-le-Duc a occupé et distrait, en faisant avec les dames charmantes qui se trouvent ici une charade ou tableau vivant : c’était fort joli. Plus tard, au second thé, discussion des peintres et de l’impératrice sur la beauté ! A une heure on rentre se coucher. Je suis vraiment éreinté.
« Ce soir, la toilette d’étiquette encore une fois et demain je vous embrasse. Je vous conterai tout ce que j’ai vu et su observer. Je parlerai de beaucoup de bonté et de bienveillance, car vraiment c’est là le fond, et puis je tâcherai de me rappeler les petits incidents qui ont fait la différence d’un jour à l’autre.
« Donc demain, ma chère amie, nous reprendrons notre douce vie ensemble, avec nos petits et notre bon et cher travail de tous les jours. Ah ! que l’oisiveté est pesante et qu’elle fait apprécier et trouver de charmes à ce qui quelquefois nous lasse et nous obsède ! 11 faut seulement savoir régler et mesurer
le tout avec ses forces, et c’est ce que nous tâcherons de faire, n’est-ce pas1 ? »
Plût à Dieu qu’llippolyte Flandrin se fût conformé exactement à cette résolution, en s’accordant de plus fréquentes heures de repos! Sa famille et l’art luimême l’eussent conservé plus longtemps.