‹ Hippolyte FlandrinChapitre 86 sur 211 · Sermon sur V Honneur du monde , 21 mars · texte numérisé non relu

Sermon sur V Honneur du monde , 21 mars

IIIPPOLYTE FLANDRIN

est prêt à être mis sur le mur, hors la figure du Christ, que nous reverrons un peu ensemble. Tout ce que j’ai essayé avec les modèles ne m’a que médiocrement satisfait1. »

Derrière le Sauveur, marche en rangs serrés la troupe de ses apôtres et de ses disciples, des palmes ; à la main. Devant lui se presse une foule enthousiaste. \j Iiosanna voltige sur les bouches; il brille j dans tous les regards. « Si ces gens se taisent, les I pierres crieront, »’ disait Jésus aux Juifs. Ce texte est rappelé par une inscription qui souligne la composition : Lapides clamabunt. Faire parler la pierre, j n’est-ce pas l’objet même de la peinture murale ?

En face de cette scène de triomphe, se déroule le cortège du divin Condamné. En tête marchent les deux larrons et les bourreaux, puis Jésus, portant sa croix et suivi de saint Jean, enfin le groupe des saintes femmes.

Les licteurs sont empreints d’une grande énergie. L’un, qui, par ses formes athlétiques, rappelle un peu ! les bourreaux de saint Symphorien, dans le fameux tableau d’Ingres, entraîne la douce victime, comme si elle voulait résister. Un autre, de sa baguette, repousse impérieusement saint Jean qui s’était approché de Jésus.

Cette scène des deux amis ainsi brutalement séparés est une des parties les plus originales de toute la composition : saint Jean s’arrête consterné et adresse à Jésus un regard d’une mélancolie déchirante ; le Christ se retourne. Son épaule qui se tord sous le poids de la croix, son front saignant sous les épines, ses lèvres frémissantes, ses yeux noyés d’an-

Page 1