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Charles Planc, la Chronique des Arts, décembre

LE SANCTUAIRE ET LE CHŒUR DE SAINT-GErMAIN-DES PRÉS 145

l’imagination féconde. Il avait conçu tout un programme de restauration pour l’église entière. A ce moment toutefois, il ne pouvait l’appliquer qu’à la partie du chœur, ce qui était déjà beaucoup. D’après ses projets, Flandrin devait peindre douze ligures d'apôtres autour du chœur, et, au fond de la chapelle, l’Agneau mystique entouré des emblèmes des quatre Evangélistes. On lui demaildait aussi des peintures sur la voûte de l’église, quatre figures d’anges au croisement des deux nefs1.

Ges œuvres de Flandrin devaient être encadrées de tout un ensemble d’ornementation polychrome, confié à un habile décorateur, Dénuelle. Baltard ne voulait plus se contenter de panneaux isolés et tendait à faire revivre l’union qui régnait autrefois entre les différents arts.

Pour Flandrin il était facile et doux de se mettre d’accord avec Baltard, un ami qu’il avait connu à la Villa Médieis, et qu’il avait retrouvé à Paris, débutant comme lui, luttant comme lui contre la pauvreté, mais comme lui marqué pour un brillant avenir2.

Les anges qui ornent la voûte firent monter Flandrin à « soixante pieds de haut ». De là l’artiste suivait en travaillant tous les exercices du carême. « J’ai deux sermons par jour, écrivait-il à sa mère, et je tâche d’en profiter3. »

De .quelle couleur faut-il peindre les vêtements des

1. Ce fut aussi H. Flandrin qui exécuta les cartons pour les vitraux du chœur.

2. « Les noms des deux artistes s’étaient rejoints à Paris comme à Home. Longtemps après ils aimaient à se renvoyer, dans l’amitié qui les unissait, une part touchante de reconnaissance. » Notice sur V. Baltard, dans Notes et Causeries sur Part et les artistes , par Chables Timbal, p. 502.

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