‹ Hippolyte FlandrinChapitre 89 sur 211 · mars · texte numérisé non relu

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Apôtres? H. Flandrin ne s’était pas tout d’abord posé la question, ou plutôt, suivant l’usage, il était porté à les habiller de bleu, de rouge et de nuances variées. Mais un mot de son frère, lui revenant à l’esprit, le travaille. Il hésite. Deux lettres de lui nous permettent d’assister aujourd’hui à ses consciencieux tâtonnements. Il écrit à Paul :

« Je suis fort tourmenté par une idée qui m’est venue hier. Pensant que les couleurs des apôtres ne sont pas une tradition bien ancienne, j’ai pensé tout à coup à les faire tout blancs. Tu sais, l’autre jour, tu m’en avais dit un mot. En effet toute cette nuit j’y ai rêvé et pensé. Ces douze hommes, uniformément blancs, feraient une impression bien plus imposante que le bariolage des autres tons. Puis ils sont dans le ciel, autour du trône de l’Agneau ! Moralement, c’est beaucoup plus beau... Mais l'œil sera-t-il aussi content ? Le blanc fera-t-il aussi bien équilibre avec les tons entiers de la décoration? C’est ce que j’ai voulu essayer aujourd’hui, en repeignant en blanc le saint Mathieu, que tu as vu violet. Malheureusement, ce n’est pas sec : les dessous transparaissent un peu, et, par conséquent, ça n’a pas assez d’éclat pour pouvoir d’après cela juger définitivement le blanc. Demain peut-être verrai-je mieux L »

Quelques jours après, il écrivait : « Je te dirai que j’avais consulté M. Ingres, M. Gatteaux, et que tous deux m’avaient dit : Ne faites pas ça! Cependant, après une nuit d’incertitude, je me suis décidé pour le blanc. J’ai fait trois figures blanches. Maintenant M. Ingres et M.. Gatteaux sont venus à Saint-Germain et tous deux ont dit : Bravo ! ça vaut beaucoup mieux.

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