‹ Hippolyte FlandrinChapitre 95 sur 211 · M. Raymond Balze · texte numérisé non relu

M. Raymond Balze

HIPPOLYTE FLANDRtN

et, ma foi, je me suis laissé aller, j’ai dit tout ce que j’en pensais b»

Après l’enthousiasme pour le chef-d’œuvre luimême, voici la joie pour la victoire remportée :

« Le tableau de M. Ingres a été enfin montré au duc d’Orléans. Il a été enchanté, et, selon M. Gatteaux, il a appliqué ses louanges avec beaucoup de justesse et d’intelligence. Il se dispose à écrire à M. Ingres pour le remercier d’un pareil chef-d’œuvre : juge combien ce pauvre homme sera sensible à un pareil procédé. Depuis quatre jours le tableau est exposé dans le plus beau salon des Tuileries. Tous les artistes et les sommités dans les lettres, les princes, etc., y ont afflué et c’est un enthousiasme universel. Je n’ai presque pas quitté, je suis toujours là, je le revois continuellement, et toujours plus beau. Demain j’écrirai à M. Ingres et lui dirai tout ça, car ça ne peut le fâcher2. »

Quelques mois après, Ingres rentrait à Paris, où l’attendaient les marques d’estime les plus flatteuses. Les artistes organisèrent en son honneur un grand banquet qui réunit « tous les peintres et les sculpteurs depuis les membres de l’Institut jusqu’aux plus humbles débutants 3 ». Le roi lui-même parcourut avec lui les galeries du château de Versailles, lui montrant le musée qui venait d’y être installé, puis il reçut le maître au palais de Neuilly et, par une attention des plus délicates, lui fit entendre un concert, dont le programme avait été composé exclusivement selon les goûts de l’artiste.

A cette occasion, Ingres écrivait les lignes sui-

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