août
3. Comte Delaborde, Lettres et Pensées d'h. Flandrin , p. 327,
tilPPOLYTE FLANDRIN ET SON MAÎTRE
vantes, qui, pour être fières et un peu solennelles, n’en sont pas moins l’expression d’une sincère modestie.
« Malgré cette espèce d’apothéose vivante, qui me rend véritablement si heureux, ma vie continuelle d’artiste est dans cet admirable axiome : Connais-toi toi-même. C’est ce que je sais faire, en ne prenant de si grandes louanges que ce qui peut véritablement m’appartenir et en acceptant le reste comme un motif de noble émulation... Je me sers de ce reste comme d’ailes pour voler plus haut, mais je remercie la Providence, qui me procure tant de succès1. »
Flandrin désirait vivement que son maître ajoutât d’autres victoires à celle de Stratonice. Il espérait beaucoup de l 'Age d'or et de V Age de fer que le pinceau d’Ingres devait peindre au château de Dampierre. Ces deux grandes œuvres étaient attendues de tous avec intérêt, mais avec une vive impatience de la part de Flandrin, qui lui-même avait exécuté trente-deux figures dans la grande galerie de Dampierre. La décoration de la salle restait incomplète tant que les deux places d’honneur, réservées à Ingres, n’étaient pas remplies. Malheureusement le grand artiste apporta une fâcheuse lenteur à l’exécution d'un travail si important. Flandrin déplorait tout bas ces retards. Que n’aurait-il pas fait pour hâter son maître ? Déjà à la date du 13 octobre 1841, il lui écrivait ces lignes significatives : « J’ai su par Louis 2 que des invitations à Compiègne et à Fontainebleau vous avaient pris bien du temps et que vous n’aviez pu vous mettre au travail. J’espère que le